La Suisse face à l'addiction aux jeux d'argent

Guide sur la dépendance aux jeux de hasard et d’argent pour les joueurs suisses. Informations de la Commission fédérale des maisons de jeu et décryptage des solutions.

Qu'est-ce que l'addiction aux jeux d'argent ?

Les jeux d'argent existent sous différentes formes: loteries, machines à sous, paris sur Internet, jeux en ligne, spéculation boursière... En Suisse, le C.H.U.V (Centre du jeu excessif) définit les jeux de hasard et d'argent comme des jeux qui demandent aux joueurs d'engager soit de l'argent soit des biens mais dont l'issue et largement laissée au hasard. Ces jeux présentent un fort pouvoir addictif.

On estime qu'il y a une addiction aux jeux d'argent à partir du moment où le joueur entre dans la dépendance au jeu. La dépendance se caractérise par un besoin impérieux de jouer toujours plus en augmentant les fréquences afin d'éviter les effets affreux (malaises...) occasionnés par l'état de manque. C'est ce qui arrive aussi aux gens qui consomment des substances psychotropes(drogues...).

Cette addiction n'est pas sans conséquence sur la vie personnelle du joueur et de ses proches. La vie professionnelle devient compliquée, l'argent manque, et si l'argent manque... jouer devient difficile. Le joueur devient irritable, se renferme, peut parfois perdre jusqu'à l'envie de vivre. On entre alors dans un cercle infernal : l'addiction aux jeux d'argent.

L'addiction aux jeux d'argent en Suisse : les chiffres

En Suisse, on estime qu'environ 60% de la population âgée de plus de 15 ans a déjà joué à la loterie au moins une fois. C'est un chiffre énorme quand on connait les risques que représentent les jeux d'argent. Une étude a aussi démontré en 2005 qu'environ 0,8% de la population adulte suisse présentait un comportement à risque d'addiction face aux jeux d'argent et qu'environ 0,5% de la population adulte suisse était, elle, déjà dépendante et plongée dans l'addiction. Parmi ces personnes, 80% sont des hommes. 80000 personnes souffriraient donc des jeux d'argent en Suisse. Une autre étude évalue, elle, le nombre de personnes souffrant de problèmes de jeux d'argent ou de dépendance aux jeux d'argent à plus de 120.000 personnes. Ces chiffres sont considérables et sont à l'origine d'une prise de conscience de la part de l'autorité suisse qui a donc décidé de mettre en place une nouvelle loi afin de limiter les risques d'addiction aux jeux d'argent.

La nouvelle loi sur les jeux d'argent en Suisse : une solution à l'addiction aux jeux d'argent ?

Depuis 1998 une loi a été édictée afin d'encadrer les jeux de hasard et les Maisons de jeux mais aussi les loteries et les paris professionnels. Elle a été reprise en 2014. Elle a pour but de protéger les joueurs en contraignant les organismes qui organisent les jeux à avoir une gestion transparente de leurs activités, en empêchant le blanchiment de l'argent du crime au sein de ces organismes, en menant une vraie politique de prévention de l'addiction aux jeux d'argent auprès des joueurs. L'organisme qui contrôle est appelé la Commission fédérale des maisons de jeu. La loi a été mise en place dans le but de limiter le coût social de l'addiction aux jeux d'argent pour les autorités suisses. En effet, les joueurs souffrant d'addiction aux jeux d'argent coûtent environ 70 millions de francs à la société.

Reste à savoir si la mise en place de cette loi peut être une solution à l'addiction aux jeux d'argent. Grâce à cette loi les Maisons de jeux ainsi que les organismes qui vivent des jeux d'argent doivent désormais reverser une partie des sommes qu'ils gagnent à l'état afin de financer les aides et les traitements mis en place pour traiter l'addiction. Est-ce une bonne idée ? C'est une question qu'on peut se poser : certains en Suisse pensent d'ailleurs qu'au lieu de prévenir les risques d'addiction aux jeux d'argent, cette loi les favorise.

Mais alors finalement comment cette addiction est-elle vraiment gérée?

Comment l'addiction est-elle gérée par les Maisons de jeux ?

Des études, menées notamment par le C.H.U.V, ont montré que si l'on diminue le temps d'exposition d'un joueur à une machine à jeux, il semble ne plus forcément avoir envie de finir la partie. De la même façon, s'il n'a pas possibilité de retirer de l'argent sur place, les risques d'addiction diminuent car il quitte les lieux plus rapidement. Des efforts devaient être faits par les Maisons de jeux en ce sens, et on leur avait notamment demandé à ce que les Bancomat ne soient plus présents à l'intérieur des salles. Ils ont été réalisés en partie. En partie seulement car les Bancomat, s'ils n'étaient plus présents dans les salles de jeux, étaient désormais placés devant les établissements. La L.M.J (Loi sur la Maison des Jeux) a même fini par abandonner ce projet sans en avoir évalué les résultats. On peut donc se demander si l'addiction aux jeux d'argent est vraiment le problème des Maisons de jeux. Ne serait-il pas plutôt celui des joueurs qui souffrent d'addiction ?

Comment les joueurs peuvent-ils gérer leur addiction?

Heureusement pour les joueurs suisses, de nombreux progrès ont été réalisés dans l'étude et le traitement de l'addiction aux jeux d'argent. Des organismes d'aide comme La Main Tendue ou le C.H.U.V ont été créés et développés afin de soutenir les joueurs qui souhaitent en sortir et leurs proches. Évidemment, c'est au joueur de se prendre en main, à sa famille de le soutenir, à tous de supporter les effets lourds que peut provoquer une telle addiction au sein d'une famille: perte d'emploi, maladie, etc.

Peut-être ces joueurs auront-ils simplement la chance d'être détectés par les personnels des Maisons de jeux, maintenant formés à repérer les symptômes de l'addiction aux jeux d'argent. Ils seront alors exclus de ces Maisons de Jeux. Espérons alors qu'ils ne se replient pas sur les jeux en ligne...

Vous l'aurez compris l'addiction aux jeux d'argent est problématique en Suisse car même si des progrès ont été réalisés dans la détection, le traitement et le suivi des joueurs pathologiques, le fait que les jeux d'argent soient toujours relativement faciles d'accès reste le principal problème et ce malgré l'existence de la L.M.J qui ne va peut-être pas assez loin...

Si vous êtes un joueur addict, que vous connaissez un joueur nécessitant de l'aide ou tout simplement si vous souhaitez plus d'information, vous pouvez contacter ces deux centres de gestion de l'addiction en Suisse.

Article rédigé le 25 août 2017à15h00 dans la catégorie :
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