Ouverture d’une enquête par la CFMJ suite à un bug informatique

Un bug informatique dans un casino suisse a conduit à l’ouverture d’une enquête par la CFMJ pour aider les joueurs qui se sont retrouvés avec de gros découverts.

Intervention de différents acteurs dans l’affaire de bug informatique en Suisse

Le directeur de la Commission fédérale des maisons de jeu, Jean-Marie Jordan et le secrétaire général du GREA, Jean-Félix Savary ainsi que la secrétaire générale du FRC, Sophie Michaud Gigon ont tous réagi dans le 19 h 30 de la RTS au sujet du bug informatique d’un casino suisse. Cette situation a fait que de nombreux joueurs se sont retrouvés avec de gros découverts. Les joueurs ainsi dans une impasse avec des milliers de francs veulent une explication. Une enquête est déjà ouverte par la CFMJ pour situer les responsabilités de chaque acteur du secteur.

A propos des joueurs à risque

Les jeux d’argent subissent des réformes constamment pour protéger les joueurs. Ainsi, une nouvelle loi est entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2019. L’un des points essentiels de ces réformes est la détection des comportements suspects de joueurs à risque plus rapidement. Les réformes exigent aussi la mise sur place d’un système d’informations pour tenir le joueur en alerte.

Le Groupement romand d’études des addictions (GREA) s’est penché sur le sujet et a remarqué que l’application des nouvelles mesures n’est pas effective sur le terrain. Le GREA a d’ailleurs conclu que les joueurs à risque, incluant ceux qui sont modérés et ceux addictifs, sont les principaux acteurs qui renflouent la caisse des jeux d’argent en ligne et des jeux de hasard. Leur apport est estimé à près de 50 % des revenus totaux du secteur. Ces conclusions sont issues d’une enquête réalisée le mois dernier par la structure GREA et commandité par le Programme Intercantonal Romand de Lutte contre le Jeu excessif (PILDJ).

Le secrétaire général du GREA, Jean-Félix Savary a renchéri en disant que les dettes relevées chez des milliers de joueurs sont une preuve de la faiblesse de la loi. Selon ce dernier, un dispositif ou un système doit être mis sur place afin d’identifier très tôt les comportements problématiques. Il continue en expliquant que les joueurs n’ont pas accès à ces informations et cela est considéré tout simplement comme un moyen pour faire plus dépenser les joueurs.

Les joueurs condamnent les casinos pour manque d’informations

Plusieurs joueurs ne sont pas satisfaits des services des casinos quant à la gestion des informations. Le joueur espère avoir un bilan de ses gains et de ses pertes au fur et à mesure qu’il joue. Ce qui n’est visiblement pas le cas. C’est la remarque qu’a faite l’un des joueurs concernés. Un autre a souligné qu’il revient d’abord au joueur de choisir une durée de jeu avant d’accéder aux informations. Aussi, rappelle ce dernier, qu’entre temps une erreur pourrait se produire et changer les données. Les joueurs qui jouent sur plusieurs casinos sont confrontés à de multiples mouvements de compte bancaire, ce qui pourrait également influencer les transactions.

Selon Jean-Marie Jordan, le directeur de la commission fédérale des maisons de jeu, le joueur dispose de toutes les informations nécessaires. De plus, le joueur a l’entière liberté de demander les informations qu’il juge nécessaires, a expliqué Jean-Marie Jordan.

Selon le GREA, il est plus facile de détecter les joueurs à risque à l’aide d’un certain nombre d’informations. Par exemple, la fréquence de jeu, la vitesse à laquelle la personne appuie sur les boutons et bien évidemment le nom du joueur sont autant d’informations pouvant aider. Malheureusement, ces données ne sont pas accessibles et la loi ne favorise pas non plus l’accès à de telles informations.

Les joueurs concernés par le bug informatique pensent déposer une requête auprès du casino ou auprès de l’institut financier pour des éclaircissements. Cette démarche prendra forcément du temps avant d’en situer les responsabilités.

La situation interpelle le Conseil fédéral

La Fédération romande des consommateurs (FRC) n’est pas restée en marge du malentendu. Son secrétaire, Sophie Michaud Gigon a demandé des explications au Conseil Fédéral. Selon Sophie, les différentes mesures prises pour protéger les joueurs ne sont pas respectées. Elle a poursuivi en disant que les publicités ont été faites notamment pendant la période de semi-confinement décrété à cause du Covid-19.

Une nette distinction doit être faite entre les informations rassemblées pour la protection des joueurs et les données réunies pour la faire la publicité.

Article rédigé le 25 juin 2020à17h32 dans la catégorie :
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